Cet homme d'une trentaine d'années est à la fois totalement naïf et redoutablement convaincant. Passionné de l'interface et de l'épopée Macinteuch, il est persuadé que Microdose est vraiment la firme à abattre et que Gill Bates est un ignoble usurpateur. Comme tous les idéalistes, il ne voit que par ses idéaux, et tous les moyens sont bons pourvu qu'on tue Gill Bates.
Agressif, mielleux, sournois, pertinent aux moments clefs, amical au besoin, manipulateur, Marcos Somac a tout pour réussir à persuader les deux autres. Il n'hésitera pas à faire boire William Smith, ou à pousser à bout la jeune et sensible Claire, exerçant sur elle un odieux chantage.
Marcos Somac ne se laissera aller à la sincérité qu'au moment de sa victoire, laissant s'exprimer toutes les émotions refoulées pendant cet épuisant débat. Il n'a pas semblé souffrir de la chaleur jusque là, pour mieux tromper ses adversaires. Mais une fois obtenu gain de cause, toutes les tensions internes se relâchent et dévoilent un être ultra sensible, à la limite du déséquilibre mental.
Comme beaucoup de révolutionnaires de cette fin de 20e siècle, Marcos est plus habile en parole qu'en acte, comme s'il ne croyait pas lui-même que les actes de violence qu'il préconise et encourage puissent advenir dans la réalité.